Nous recherchons un(e) étudiant(e) pour un sujet de thèse en écophysiologie comparative dans notre équipe de recherche qui est retenu pour le concours de l’ED 227 Sorbonne Université-MNHN. Intitulé “Analyses comparatives de l’évolution écophysiologique le long des gradients d’aridité chez les reptiles squamates”, ce sujet vise à mieux comprendre les patrons et les processus d’adaptation écophysiologique des reptiles aux conditions arides du milieu.


Les milieux arides sont caractérisés par une combinaison de températures élevées et de précipitations faibles avec une rareté de la ressource en eau dans le temps et l’espace. Les régions semi-arides à arides représentent environ 30 à 40% des surfaces continentales de la planète. Il est prévu que leur surface augmente considérablement avec le réchauffement climatique. Si les contraintes climatiques s’y traduisent par une faible diversité d’espèces, elles agissent aussi comme un puissant filtre évolutif sélectionnant des taxa spécialisés pour résister et survivre dans des environnements dépourvus d’eau. L’étude de l’évolution des traits des espèces le long de gradients d’aridité est donc cruciale pour comprendre ces processus adaptatifs, identifier des contraintes et évaluer quels traits fonctionnels ou quelles espèces sont les plus sensibles aux changements globaux.

Le projet s’appuiera sur l’expertise du laboratoire iEES Paris en collaboration avec l’ISYEB, le CEBC et l’Université d’Anvers afin de comprendre la variabilité des stratégies de thermohydrorégulation à l’aide de grands jeux de données écophysiologiques, bioclimatiques et biogéographiques, d’analyses comparatives phylogénétiques modernes et d’études empiriques ciblées. Plus spécifiquement, nous exploiterons une base de données globale caractérisant les pertes hydriques des squamates afin de déterminer les corrélats environnementaux de la variabilité interspécifique de résistance hydrique. Nous croiserons ces données avec celles sur la thermorégulation et le métabolisme afin de caractériser l’évolution des syndromes de thermohydrorégulation le long de gradients d’aridité8. Nous compléterons ces analyses globales par une étude ciblée de l’évolution des pertes hydriques cutanées chez les Lacertidae en collectant de nouvelles données sur environ 40 espèces représentatives d’une diversité de milieux. Enfin, en nous concentrant sur la modélisation de la niche climatique historique et l’analyse des séquences d’évolution, nous rechercherons spécifiquement les innovations clefs et les tactiques d’histoire de vie permettant à ces espèces de se maintenir ou de coloniser des habitats arides. Ces analyses comparatives prendront compte la proximité phylogénétique des espèces ainsi que des différences de patrons d’activité, de régime alimentaire et de morphologie.

Pour ce faire, ce projet de thèse propose d’analyser l’évolution d’un ensemble de traits fonctionnels fortement impliqués dans l’adaptation à des climats arides chez les reptiles squamates. Les squamates constituent un ordre monophylétique de vertébrés à écailles (Lepidosauria) comprenant environ 11,000 espèces de lézards, serpents et amphisbéniens. Ils occupent tous les milieux continentaux avec des pics de diversité dans les zones tropicales, en Océanie et en Afrique Australe. Leur résistance à l’aridité implique les traits fonctionnels contrôlant les pertes hydriques (morphologie et comportements), le métabolisme énergétique ainsi que la thermorégulation (préférences thermiques et comportements). Aucune étude n’a spécifiquement caractérisé la séquence de coévolution de ces traits le long de gradients d’aridité.

Plus de détails pour candidater sur le site web de l’Ecole doctorale